Une étude publiée le 27 novembre dernier par l’Insee sur les logements en région Bourgogne-Franche-Comté met en évidence de forts contrastes entre des territoires ruraux avec de nombreux logements vacants et des territoires où la tension immobilière s’accentue.
La Bourgogne-Franche-Comté est la seconde région française en matière de progression et de nombre de logements vacants. La région a ainsi enregistré 1 900 biens immobiliers vacants en plus entre 2015 et 2021. L’Yonne et la Nièvre sont particulièrement touchées. Dans l’Yonne, 11,7 % des logements étaient ainsi vides en 2022. Selon Patrice Perron, chef de projet à l'Insee, cette vacance, qui est surtout importante dans les zones rurales en déprise, est due au vieillissement du parc immobilier. Dans l’Yonne, 70 % des logements ont été construits avant 1970 et 19 % sont des passoires énergétiques. Le pourcentage de biens trop énergivores grimpe même à 25 % dans la Nièvre. Or, une rénovation de ces logements peut ne pas être rentable alors que les prix de l’immobilier restent modérés.
Sur certains territoires, près de la frontière Suisse ou autour de Dijon, il y a au contraire une accentuation de la pression immobilière à la vente ou à la location. Les jeunes et les ménages avec des revenus faibles peuvent ainsi avoir du mal à se loger, en particulier dans les zones où le parc social reste insuffisant. L’Insee relève aussi une inadéquation entre le profil des ménages et la taille des logements. 60 % des ménages d’une à deux personnes vivent en effet dans une habitation d’au moins 4 pièces. Pour l’Insee, le parc immobilier continue à se développer en Bourgogne-Franche-Comté mais peine à s’adapter aux évolutions démographiques de plus en plus rapides.